Marche ou crève

Publié le par jps

Sarkozy avait dit pendant la campagne électorale qu’il souhaitait mieux prendre en charge les frais dentaires ou de lunettes.


Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, annonce, sous la forme interrogative; la pertinence de ne plus faire prendre en charge par la sécurité les dépenses d'optique (lunettes et lentilles de contact) et les faire supporter par les mutuelles. La forme dénote bien la fourberie et le fond illustre bien que les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les entendre. Roselyne Bachelot-Narquin a beau jeu ensuite de nier à l’assemblée nationale en faisant l’outrée. Il faut être attentif aux propos de Bachelot car, sur les echos.fr du 18 avril 2008, il est rapporté qu’elle a estimé qu'il faut plutôt durcir l'entrée dans le dispositif des ALD ce qui revient à dire que de moins en moins de grands infirmes seront remboursés à 100%. Bel humanisme ! Certains sont d’ors et déjà dans le collimateur car, le 19 février dernier, sur Canal+, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, a déclaré "Les affections de longue durée (ALD) regroupent des maladies très diverses. Des maladies très graves, comme le cancer, le sida, alzheimer… et des maladies moins graves comme le diabète ou l'hypertension.". La polémique n’est pas "ridicule", madame la Ministre, contrairement à ce que vous prétendez, car le gouvernement Fillon a pour habitude de lancer des idées afin de connaître les réactions pour juger de la faisabilité, en terme d’adhésion.

"  Après s’être montrés très peu soucieux des finances publiques en votant un paquet fiscal de 15 milliards d’euros […] la majorité présidentielle continuent de faire des économies sur les besoins essentiels, y compris sur la santé. "( Jean-Louis Gagnaire, député socialiste de la Loire). Ces dépenses à la charge du malade s'ajoutent à d'autres franchises déjà existantes. (La pétition : : www.appelcontrelafranchise.org). Un euro sur chaque consultation ou acte médical, également dans la limite d'un plafond de 50 euros par an. Le docteur Christian Lehmann, porte-parole du collectif, précise qu'à cette double franchise s'en ajoutent encore deux de plus, qui sont "un forfait de 18 euros sur les actes techniques de 93 euros et un forfait hospitalier journalier de 15 euros. Il est à souligner que tous ces montants peuvent être augmentés par décret du jour au lendemain.

En moyenne, en 2006, 7 % des Français déclarent ne pas avoir de couverture maladie complémentaire et 14 % des Français disent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois, [ enquête de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes)]. " Les personnes à faible revenu penseront à deux fois avant d’aller chez l’opticien ; au lieu d’aller une fois par an chez l’ophtalmologiste ils iront tous les deux ans, d’après lui. Le manque de suivi des enfants engendrerait une baisse de la perception visuelle, de la fatigue, puis des difficultés scolaires. ", (Laurent Iribarren opticien au Centre Optique Mutualiste de Bayonne). Par ailleurs, lors d’un remboursement optique, les complémentaires "couvrent" 51% de la dépense, le patient 43% et la Sécurité sociale seulement 6%. Si les complémentaires devaient gérer l’intégralité des dépenses en optique, et si devaient s’y ajouter les frais dentaires, comme cela est également évoqué, ces transferts aboutiraient à une augmentation des cotisations "de 9%", " selon Jean-Pierre Davant (président de la Mutualité française).

Les consultations médicales, entre 2002 et 2007, chez le médecin généraliste sont passées de 15 euros à 22 euros. Cela représente une augmentation de salaire brut de 46,67 %. Entre 1990 et 2004, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus vite que celui des salariés, ( Haut conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie – Hcaam). L’augmentation est encore plus forte pour les médecins hospitaliers. Force est de constater que les efforts sont portés, presque exclusivement, sur les assurés et plus particulièrement par les malades. C’est le principe "marche ou crève ".


Non content de ses augmentations, dans un

rapport d'avril 2007 , l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) soulignait que les dépassements d'honoraires avaient augmenté "de plus de 40 % en dix ans en valeur réelle", au point de devenir un "obstacle à l'accès aux soins". Le montant de l'ensemble de ces dépassements a représenté en 2005 près de deux milliards d'euros par an, sur un total de plus de 18 milliards d'honoraires. De plus, sept syndicats de médecins [CSMF (principal syndicat de médecins libéraux) FMF, SML, Umespe (spécialistes), Syngof (gynécologues), SNPP (psychiatres) et SNPF (pédiatres) ] ont été sanctionnés récemment, par le Conseil de la concurrence, pour "ententes entre leurs adhérents afin de provoquer une hausse du prix des consultations". Comment justifier des augmentations sans fin des cotisations santé alors qu'il est devenu difficile de se faire soigner pour le prix de la consultation imposée au secteur II ? Si les tarifs de secteur II sont sans cesse relevés, c'est parce que le secteur I tire à la hausse. Alors que le gouvernement prenne ses responsabilités en déremboursant le secteur II, ainsi notre Sécu redeviendra ce qu'elle était, un outil visant à permettre à chaque citoyen de se faire soigner, à égalité de traitement avec les plus riches.

Sarkozy veut un "patron et un seul" à la tête de chaque hôpital. Cela n’apparaît pas, à priori, une mauvaise
idée. Par contre redessiner la carte des hôpitaux est dans le même esprit que la carte judiciaire avec les mêmes difficultés liées à la distance (déplacement de plus en plus coûteux du fait de l’éloignement et de l’augmentation du pétrole, et, cela engendre une pollution supplémentaire) même si sarkozy tente par sa syntaxe de nous faire croire qu’il n’y a qu’une alternative, formulée de la manière suivante : "La fermeture des hôpitaux, ce n'est pas la réforme que nous proposons, c'est le refus de la réforme qui conduira à la fermeture des hôpitaux". Tous les jours une nouvelle provocation où on tord le cou à la vérité, avec des formules hypocrites.

Le budget de chaque hôpital est octroyé suivant l’activité. C’est à dire à l’acte. Un cercle vicieux, qui à terme servira au secteur privé, est institué. Moins ils produisent, plus leur budget est restreint, plus les possibilités financières s’amenuisent, moins ils produisent et quelques années après le privé installe une structure similaire.

D’autres infos
ici et .

Le principe de la sécurité sociale était "on cotise selon ses capacités et on se soigne selon ses besoins ". A présent " on se soigne selon ses capacités "

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Emmanuel 30/04/2008 20:39

hello    le pire , c est que tout ces idiots de Français comme moi meme  se taisent alors pourquoi le gouvernement se priverai de continuer ces connerie....?EN PLUS VRAIMENT TRES IDIOT CE GOUVERNEMENT COMME LES AUTRES D AILLEUIR UNE PERSONNE QUI Y VOIE MAL  = risque de chute etc... donc encore plus de fric a depencer  une personne qui a s alimente mal = plus de maladie lie a une mal nutrition donc plus de fric a depenser apres .....

Caroline 20/04/2008 10:22

je suis plut^to d'accord avec votre analyse