crise d’un système mais pas du système

Publié le par jps

Afin de faciliter l’accession à la propriété, des crédits immobiliers ont été accordés aux particuliers américains à des taux variables très attractifs, permettant des remboursements d’emprunts à des sommes, au début,  très supportables. Les deux premières années les taux étaient amplement tolérables afin d’appâter les clients, puis augmentaient, par la suite, de manière non négligeable. Ceci ne rebutait pas les acquisiteurs car l’économie US prospérait.

Ce phénomène a été amplifié par la baisse des taux directeurs de la réserve fédérale américaine lorsque Alan Greenspan y assurait les fonctions de Président. Il est trop aisé de lui imputer l’entière responsabilité de la crise des subprimes. La baisse des taux n’ayant eu que pour effet de favoriser l’acquisition foncière des ménages par l’attractivité des taux relativement bas, tout au moins les premières années.

A cela s’est ajoutée la titrisation. Procédé qui consiste d’émettre ses créances sous forme de lots sur le marché financier. Ainsi les banques se souciaient peu de la solvabilité des acquéreurs car elles revendaient ses créances et, ainsi, elles obtenaient en retour des liquidités leur permettant, de ce fait, d’accorder plus de crédits. Effet boule de neige garanti. Ces titres, constitués de fractions de créances de nature similaire, ne présentaient à première vue que peu de risque, pensait-on, car s’il y avait déficience d’un emprunteur le manque à gagner s’en trouverait dilué. Par ailleurs, American International Group, Inc (AIG). leader mondial de l’assurance et des services financiers couvrait les éventuels défauts de paiement (l’expression Credit Default Swaps - CDS).

De la sorte et à titre d’exemple " Avec 1milliard de dollars de capital, on génère 100 milliards de dettes et 110 milliards de créances. Tant que le marché est haussier, les rendements sont excellents. Mais les pertes se répercutent au même rythme " (lemonde.fr 17.09.08). La valeur d’une maison progressait d’année en année, car plus de crédits sont accordés, plus il y a de demandes et ceci favorise l’augmentation de la valeur du bien. Les banquiers engrangeaient de confortables commissions en plaçant ses prêts, et, les épargnants voyaient les titres en leur possession s’envoler. C’était l’euphorie générale.

Puis, étranglés par leur endettement et par la forte inflation des prix à la consommation, de plus en plus de ménages américains étaient dans l’incapacité de respecter les échéances pour le remboursement de leur crédit hypothécaire. Les banques tentaient de récupérer ces biens en les revendant mais c’était sans compter sur l'assèchement de la demande de biens immobiliers qui a tiré les prix de ces derniers vers le bas. Devant l’accroissement de l’offre et la faiblesse de la demande le marché immobilier s’est effondré. D’où une perte conséquente des banques et par effet dominos les détenteurs de titres issus de la titrisation se trouvaient en grande difficulté. Il en a été ainsi pour Fanny Mae et de Freddy Mac, Bear Stearns, Merrill Lynch, Lehman Brothers, institutions financières créées pour garantir les crédits immobiliers. Les institutions, qui s’étaient couvertes pour ce risque, touchées par ces défauts ont exigé que leur assureur, tel AIG, les rembourse. Les institutions financières et les assureurs avaient donc un besoin immense de liquidité qu’il ne pouvait obtenir. Le système financier est mondialisé en conséquence il est légitime de s’interroger sur l’exposition réelle des banques et assureurs français.

Il y aura des répercussions sur l’économie réelle, celle des biens et des services. En conséquence, quelle sera l’ampleur des dommages sur le chômage et le pouvoir d’achat ? La récession guette.

Il en résulte que désormais environ 80 % des institutions bancaires ont durci leurs conditions globales d’octroi de crédit, ce qui induit un ralentissement de l'activité économique. Les banques centrales (à remarquer que la Chine n’y a pas participé) ont injecté des milliards d’euros de liquidités sur le marché pour juguler la crise. Espérons que cela sera suffisant.

Il convient de tirer les enseignements sur cette crise, aux causes endogènes.

Tout d’abord, il apparaît, de fait, que le marché est dans l’incapacité de s’autoréguler. Il est impératif de contrôler la solvabilité des acteurs des marchés financiers. Non par des agences de notation privées qui participent à la titrisation. Certaines agences de notation ne sont elles pas parfois payées par ceux la mêmes qui sont notés ? Si la titrisation des crédits est maintenue alors il est impératif de les encadrer car certains acteurs financiers n’en connaissaient pas précisément le contenue selon Georges Soros, d’où la nécessité de rendre plus transparent les marchés financiers. Mais il apparaît préférable d’abolir ce procédé car cela conduit les prêteurs à ne pas s’inquiéter de la solvabilité des emprunteurs et de ce fait l’itération d’une telle crise paraît inéluctable.

Ensuite le principe de la Privatisation des profits et de la mutualisation des dettes se développe. Les Etats-Unis, en tête, procède à la privatisation dés lors que telle ou telle banque se trouve dans une difficulté extrême. Ceux-là même qui prônent l’ultralibéralisme se retournent vers l’Etat pour être aidés, y compris en France.

De plus l’économie immatérielle est complètement déconnectée de l’économie réelle. Les risques doivent impérativement être couverts par une partie de fonds propres.

Enfin " Va-t-on réviser le modèle de rémunération de ces banquiers qui font des paris de tête brûlée dont les actionnaires finissent par payer le prix. " (Peter Morici, professeur d'économie à l'université du Maryland). Quand des mesures seront-elles imposées pour pénaliser la mauvaise gestion des dirigeants de société ? Quand les parachutes dorés et stocks-options seront ils plus encadrés ?

Bien sur, ceci n’empêchera pas les rotations de bulles boursières (principe d’Elie Cohen) mais évitera, peut être, l’économie mondiale de sombrer de nouveau dans la schizophrénie.

Publié dans poly-tics

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patrick69 21/09/2008 17:47

http://tunisie-harakati.mylivepage.com Pour l'amour des hommes et la paix autant commencer par des petits gestes de bonté en intervenant pour aider une personne qui le mérite. Je propose à tous de soutenir haut et fort la demande de libération de madame Harakati Sameh, une prisonnière d'une maison d'arrêt de la Tunisie. Son histoire peut-être la votre demain car elle est tout simplement innocente. Vous pouvez l'aider à retrouver la liberté en le faisant savoir officiellement. L'aider c'est vous aidez à être important aux yeux des droits de l'homme.http://tunisie-harakati.mylivepage.com

eva 19/09/2008 22:36

Que bonheur de te retrouver !Journée pour la paix, le 21 septembre - voir mon blogà bientôt eva