En écho au choc sismique du système

Publié le par jps

Sarkozy est intervenu très tardivement, mais comment pouvait-il en être autrement ? Sarkosy et Fillon ont utilisé le peu de cartouches qu’ils avaient en instaurant notamment le bouclier fiscal. Cette disposition avantageuse pour les plus aisés ayant permis à 2.242 contribuables bénéficiant de revenus supérieurs à 41.982 euros de recevoir à eux seuls 82,9 % des sommes reversées, soit 84.700 euros chacun, Parmi ceux-ci 671 redevables disposant d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions se réservent 68 % des sommes reversées, soit 231.900 euros en moyenne pour chacun d'eux. (source les échos). Le seul moyen, à court terme, efficace, qui leur reste, est de ne pas respecter les accords de Maastricht et de laisser courir le déficit. 

Ainsi, grâce aux fonds publics, le gouvernement français et la Caisse des dépôts et consignations ont participé au sauvetage de Dexia à hauteur de 3 milliards d’Euros sous la forme d’une augmentation de capital. De fait, Sarkozy et Fillon appliquent une politique de nationalisation alors qu’ils en sont les contempteurs, mais ils ne sont pas à une contradiction. Le marché s’autorégule ? Pas du tout car il a besoin de l’intervention des Etats. Les patrons pécheurs et les grandes exploitations agricoles, etc.., hier, les banques, aujourd’hui, ces grands défenseurs du libéralisme se tournent vers l’Etat pour solliciter des aides.

L’Union Européenne, qui pourrait être un acteur pertinent et efficace, se contente de mesurettes comme le relèvement à 50 000 euros, contre 20 000 actuellement, du plafond de garantie des dépôts bancaires. Christine Lagarde se targue de ce maigre résultat. Il est à souligner qu’en France la garantie est de 70 000 €. L'union européenne ne saurait cacher le manque d’harmonisation des mesures prises pour juguler la crise financière. Comment en serait-il autrement, à ce jour, quand Sarkozy écarte l’Espagne du G4 et qu’il insupporte Angela Merkel ?

Que ce soit à l’échelon national ou européen, aucune mesure n’est prise pour rendre plus transparent le marché financier, ce qui pourtant contribuerait à rétablir la confiance et surtout à ne pas retrouver les mêmes causes qui produiraient les mêmes effets. La titrisation rend impossible la différenciation des produits d’où la crise de subprimes qui a engendré une crise de liquidité du secteur bancaire et se transforme, peu à peu, par une baisse de l’activité économique.

Les dirigeants nationaux ou européens  veulent le préserver le système. A l’Assemblée, le 9 octobre 08, Fillon a répété que le système libéral n’est pas en cause : Soit c’est de l’impéritie soit c’est une manipulation. Les raisons de la crise actuelle sont structurelles et le fait de la très grandes majorité des acteurs financiers. C’est affligeant de ne pas le reconnaître car cela augure d’autres crises similaires. Il est à remarquer que Delanoé est sur la même ligne et aime la caricature : "Moi, je suis social-démocrate, pour l'économie de marché. Je ne suis ni pour les soviets, ni pour le bolchevisme."Si tu n’es pas pour l’un des régimes économiques, tu es donc pour l’autre. (Si tu n’aimes pas la viande, alors tu aimes les haricots !) Il nous prend pour des niais. N’y a-t-il pas d’autres solutions ? La politique de sarkozy ou Delanoé, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Le positionnement de Sarkozy et Fillon en matière de retraite est dans la droite ligne de ce maintien doctrinaire. Ils veulent abandonner, peu à peu, le système de répartition alors que nous constatons les dégâts du système de capitalisation. La crise financière fait fondre les économies des américains placées dans des fonds de pensions pour leur retraite. C’est cet avenir que nous promet la majorité actuelle. Est-ce à cela que les français aspirent ?. A l’instar de Jean-Pierre Brard il est bon, également, de rappeler que, pendant la campagne présidentielle, Sarkozy plaidait pour des crédits hypothécaires, " des "subprimes" à la française qu'il voulait généraliser ". Par ailleurs, voilà comment se transforme la promesse de mettre fin aux parachutes dorés ? Mme Parisot recommande de bannir les indemnités de départ des dirigeants en cas de sous-performance boursière. Ce qui signifie que ce ne sera qu’une déclaration d’intention qui sera nullement censurée si elle n’est pas respectée. Alors quelle mascarade que d’exiger que toutes les entreprises du CAC40 y souscrivent pour éviter une loi, comme le demande Sarkozy. Il est évident que s’il n’y a pas une loi pour encadrer les parachutes dorés, les excès ne sauront se faire attendre.

Les politiques ne sont pas les seuls à être incriminés et cela peut se comprendre s’ils sont mal conseillés par certains prestigieux économistes. Exemple : Le raisonnement absurde d’Elie Cohen sur " C dans l’air " du 9 octobre 08 est révélateur, soit d’une intention de fourvoiement soit d’une ineptie. Il estime que la crise est due au fait qu’il y a trop de réglementation, cela a incité les acteurs financiers a déjouer les règles, selon lui. En conséquence, il convient de libérer beaucoup plus le marché, en conclue t-il d’un air marquant une autosatisfaction certaine. Son raisonnement est aussi idiot que de dire il y a trop de délinquants parce qu’il a trop de lois. Alors laissons faire. A l’évidence l’économie n’est pas une science exacte car si certains se réjouissent de la baisse des taux directeurs des banques centrales d’autres notamment les économistes du courtier Aurel estiment que " la détente de politique monétaire "aura un impact limité sur les banques ou les économies" et risque de surcroît de provoquer une "trappe à liquidités", soit "le pire des cauchemars pour les banquiers centraux et maintenant pour les marchés financiers".Cette expression désigne une situation où, lorsque les taux directeurs sont faibles, "les agents préfèrent conserver leurs liquidités plutôt que d'investir dans l'économie réelle ou des actifs financiers", puisqu'ils jugent trop faibles les rendements de leurs investissements. " (boursorama.com
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