Le système semble préservé

Publié le par jps

L’abaissement des taux d’intérêts aux Etats-Unis a favorisé la crise des subprimes permettant ainsi aux personnes insolvables de s’endetter plus que de raison. Alors pourquoi les banques centrales ont poursuivi dans cette politique la semaine dernière, en baissant leur taux directeur d’un demi-point ? Sont-ce encore des raisons que la raison ignore ? Les banques centrales ont déversé des centaines de milliards d’euros. En vain car vendredi les bourses ont dévissé. Le marché financier avait bien compris que ce n’est pas l’apport de liquidité qui permettrait de desserrer les crédits et donc de favoriser la croissance. Les banques centrales devraient savoir que la précipitation n’est pas bonne conseillère. Soit l’autopsie était mauvaises soit les remèdes inappropriés soit l’un et l’autre.

La crise des subprimes avait engendré un problème de fluidité plus que de liquidité. Aussi les dispositions prises lors de la réunion du G7 et de l'Eurogroupe consistant à prendre des mesures visant à détendre le marché interbancaire en apportant des garanties sur les prêts interbancaires et sur les dettes bancaires ont eu leurs effets ce lundi par une remonté spectaculaire du CAC40. En Frances, ces aides sont subordonnées à des "obligations […]'éthique, notamment sur la question des rémunérations". En l’absence de défaillance, il ne "s'agira pas d'un coût pour le contribuable", car "le contribuable sera gagnant du montant des commissions encaissées sur les garanties souscrites", comme le dit sarkozy. Du point de vue de la morale et de l’efficacité à priori cela est très bien.

Sauf qu’il convient de souligner qu’en cas de défaillance c’est au contribuable que reviendra l’addition Ce qui apparaît plus préoccupant est l’apport considérable de liquidité. Cette masse monétaire ne reflète plus la réalité des biens et services disponibles. La quantité de liquidité injectée est à mon sens inquiétante car source de dépréciation et d’inflation future.

Il est regrettable que les préconisations de Ségolène Royal n’aient pas reçu un écho favorable de la part des dirigeants consistant à proscrire les paradis fiscaux. De même il est dommage que l’idée de Martine Aubry suggérant de fiscaliser les stock-options, n’ait pas été retenue. "La régulation aujourd’hui nécessaire ne doit pas consister à ce que les marchés fonctionnent mieux, mais à empêcher qu´ils commandent. " comme le dit le Président d’Attac. Rien n’est envisagé pour rendre transparent la titrisation ou interdire la vente à découvert (Emprunter des titres pour les vendre dans l’espoir de les racheter ensuite moins cher), de nouveau autorisés à wall street par la SEC (securities and exchange commission), ni pour faire cesser le crédit permanent dit renouvelable. Comment en serait-il autrement dans ce dernier cas car sarkozy est l’ardent défenseur du crédit revolving ?

Le système
économique de la prédation , qui favorise la cupidité et l’avidité, perdurera et d’autres crises, peut être, plus importantes, se profilent à l’horizon, car aucune régulation n’est définie. C’est le système qui est préservé !

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ciboulette 14/10/2008 14:22

merci de "revenir aux affaires" et de nous livrer des analyses toujours aussi claires et pertinentes...