Déchéance

Publié le par jps

Les Français ne se trompent pas sur l’appréciation portée au sujet des hôpitaux publics telle que rapportée dans un sondage, réalisé le 24 et 25 février dernier par le TNS Sofres/logica. 93 % reconnaissent la compétence des hôpitaux publics et 89 % regrettent leurs manques de moyens financiers et humains. Par ailleurs, 76 % des Français veulent le maintien des hôpitaux de proximité. Cependant, nous savons que sarkozy entend les Français mais n’en tient pas compte. Il en est de même pour Bachelot et Fillon.


En écho à ce terrible constat, l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé (Euro Health Consumer Index ou EHCI), révèle la chute de la France à la 10ème place du classement des systèmes de soins, après avoir occupé en 2006 la 1ère place et en 2007 la 3ème.


Le projet de loi "hôpital, patients, santé et territoires" (HPST), qui va passé devant le parlement, conduira à des désertifications médicales et les actes médicaux les plus rentables seront données au secteur libéral (de facto c’est déjà le cas). Ceci dans la continuité de l’AGCS. En filigrane, il faut comprendre (il apparaît important de le répéter) que ce projet entend livrer les actes les plus lucratifs au secteur privé et ceux qui rapportent le moins aux hôpitaux publics.

La faiblesse
programmée des moyens financiers et humains des hôpitaux publics n’échappent pas aux Français. Le temps d’attentes aux services des urgences devient interminable et nous allons connaître la même situation qu’en Angleterre à savoir attendre des années avant de pouvoir bénéficier d’une intervention chirurgicale tant les listes d’attente sont longues. L’approche comptable a d’autres effets pervers. Comme Bernard Debré l'a précisé sur la cinq le 21 avril 09, on ne pratiquera plus de prothèse de hanche ou de chimiothérapie à des personnes trop âgées car le coût est trop élevé. Au même titre que l’armée l’hôpital public n’a pas vocation à être rentable. Bernard Debré ajoute "dans le même temps, on organise des suppressions massives et injustifiées d’emplois d’infirmiers et d’aides-soignants", Il s’inquiète aussi de la suppression des services au profit des pôles plus larges et de l’alignement des tarifications sur celles du secteur privé, soumis à moins de contraintes.

Dans l’"appel des 25", publié dans les colonnes du Nouvel Observateur, jeudi 16 avril, les signataires dénoncent une loi à la "pensée marchande" qui réduit "le malade au tarif de sa maladie". Roselyne Bachelot, Fillon, sarkozy "calent l’hôpital sur l’entreprise" en renforçant les pouvoirs du directeur d’établissement qui "pourra n’avoir aucune compétence médicale" mais "arrêtera le projet médical de l’établissement". Cet appel (signé par des professeurs des hôpitaux parisiens, comme le gynécologue obstétricien René Frydman, le neurologue Olivier Lyon-Caen, le pédiatre Alain Fischer ou le diabétologue André Grimaldi) dénonce une loi qui "porte en elle la disparition" de la médecine hospitalière "au profit d’une médecine mercantile", et dont "les premières victimes en seront les patients et les soignants". Il est impératif de maintenir le patient au cœur du système de santé. La grande crainte réitérée par les professionnels de santé reste que le " financier " passe avant la priorité médicale. " L’hôpital entreprise ", " l’hôpital comptable "


Suite à un amendement du député Jean-Luc Préel (Nouveau Centre), il était prévu que les future Agences régionales de santé (ARS) pourraient contraindre des cliniques à pratiquer une part de leur activité aux tarifs de base de la Sécurité sociale, sans dépassements d'honoraires. Celui-ci est désormais remis en cause par Roselyne Bachelot alors même que selon un rapport publié en 2007 par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), les dépassements ont fortement augmenté lors des dix dernières années, représentant 2 milliards d'euros sur 19 mds d'honoraires en 2005, et posant un problème d'accès aux soins. La Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles santé en France, a de son côté jugé que "si le gouvernement reniait ses engagements (contre les dépassements d'honoraires abusifs, ndlr), cela remettrait en cause toute la politique de concertation qui vise à moderniser le système de santé".

 
La Coordination nationale des universités, cinq organisations de médecins (syndicats d'internes, de praticiens hospitaliers, de chefs de service), des associations de lutte contre le SIDA, la Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité (qui revendique 200 comités locaux dans toute la France) Six syndicats de personnels (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC et Sud), ou encore le Collectif national contre les franchises médicales appellent à participer à la journée de mobilisation prévue le mardi 28 avril 2009 (Pour Paris rendez-vous 11 h à Montparnasse, place du 14 juin)

N’oubliez pas nous sommes tous potentiellement des malades en puissance !

Publié dans sarkosy et le social

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