Triste France

Publié le par jps

Sous son aspect politique, le Meilleur des mondes à la mode Huxley, c’est ce que nous vivons avec les sarkozystes. Ce monde est abreuvé d’information au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l'égoïsme. La vérité est noyée dans un océan d'insignifiances, telle l’affaire de Karachi vite évoquée. Sarkozy ayant qualifié de "fable" les informations incriminant les politiques de l’époque (dont il assurait la fonction de ministre des finances) de bénéficier des dessous de table.

Notre culture devient triviale, seulement préoccupée de fadaises. Les informations des médias en sont l’illustration. L’omniprésence de sarkozy qui mène à l’asphyxie médiatique. Outre les sujets vantant la politique de sarkozy, les journaux télévisés ou autres supports d’informations vous abreuvent de faits divers, ou de promotions pour tel ou tel film, ou chanteur (qui relèvent de la publicité). Lorsque les médias ne sont pas les laudateurs de sarkozy, ils procèdent à la " cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités " (Noam Chomsky). "la réalité importe peu, ce qui compte c'est sa perception" tels sont les propos de sarkozy ("Manifeste pour une presse libre" d'Edwy Plenel)

 

A cela s’ajoute la liberté d'indifférence définie par Descartes. Qui consiste à faire des choix totalement arbitraires entre des modes de sociétés qui nous sont totalement inconnus. Entre les réformes de sarkozy dont on ne sait à quoi elles vont aboutir, si ce n’est le pire, ou l’absence de différence dans le programme de l’opposition. Ces déterminations inconscientes, qui nous poussent dans une direction, c’est la liberté par ignorance. La difficulté de différencier les programmes de l’UMP et du PS a trouvé sa traduction dans le débauchage de certaines personnes se disant de gauche. Le choix se porte sur l’UMPS ou l’UMPS. Cette liberté représente aux yeux de Descartes et de la plupart des grands philosophes le plus bas degré de liberté, car elle s’assimile à un pile ou face d’une même pièce. Faut-il rappeler que sur le plateau de Public Sénat le 23 juin 2009, Malek Boutih déclara " Pour l’instant je suis de gauche ". Ce "pour l’instant " est très révélateur.


Tout doucement. Doucement mais sûrement, Sarkozy concentre les pouvoirs. Il maîtrise les médias, en nommant le président de France télévision et par ses accointances avec les magnats de la communication. Le parlement est une chambre d’enregistrement des décisions d’un seul homme : sarkozy. C’est " L’hyperprésidentialisation du régime ", (comme dit Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel à l’occasion du congrès de juin 2009) qui viole le principe de séparation des pouvoirs, chère à Locke et Montesquieu. Contrairement aux Etats-Unis où le Président peut être destitué par la procédure d’empeachment, sarkozy est inamovible pendant 5 ans. Sarkozy veut que la justice lui soit subordonnée. Pour ce faire deux moyens : l’un, en maîtrisant les affaires et, l’autre, en ayant une influence sur les magistrats. Il remplace les juges d’instruction par des juges de l’instruction qui instruiront uniquement à charge et qui dépendront du garde des sceaux, ainsi le gouvernement pourra juger de l’opportunité de poursuivre telle ou telle affaire. (Exit l’affaire Karachi). Couplez cela avec la dépénalisation du droit des affaires et la France de sarkozy n’a plus rien de démocratique ou si peu. Dans un communiqué commun, l'Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature "condamnent de telles pratiques inconcevables dans un Etat de droit. " La pression sur les magistrats devient insoutenable.


Sarkozy aime reprendre en boucle le thème éculé de la sécurité, qui lui sont porteurs (surtout avant les élections). Pourtant dix-huit lois sur la sécurité depuis 2001 ne semblent suffire. Serait-ce de l’impéritie ou une démonstration de la confusion entre vitesse et précipitation de celui qui est aujourd’hui au sommet de l’Etat ? Bien sûr il faut assurer la sécurité mais la sécurité publique et non la sécurité de certains particuliers comme Christian Clavier en Corse. Il faut que l’Etat garantisse aussi certains droits, donc des libertés, celles qui justement ne menacent pas la sécurité publique. L’Etat doit œuvrer pour l’intérêt général qui, rappelons le, n’est pas la somme d’intérêts particuliers. Ceci importe peu à Sarkozy, c’est ainsi que la liberté de télécharger est réprimée dans l’intérêt des majors, alors même qu’il y a quelques dizaines d’années l’enregistrement sur bande ne faisait pas l’objet de poursuite judiciaire. Mais comment lui faire entendre raison lorsqu’il dit lui-même "J'écoute, mais je n'en tiens pas compte ", (Sarkozy à Provins en janvier 2009).

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ledif trocas 18/07/2009 11:51

très bonne analyse et excellentes dénonciationstant des mesures liberticides de sarkubu que de l'apathie de la "gauche institutionnelle" le temps pour l'opposition véritable est celui de la dénonciation et de la protestationne nous hâtons pas de faire des propositions qui pourraient être récupérées et détournées à leur profit par nos adversaires.φιλικά

TendrePoison 07/07/2009 12:17

Désorientation, perte du sens...

Aurélien 03/07/2009 02:19

Sarkophobe d'un jour sarkophobe de toujours! Décidément ça change pas! C'est fout comme la gauche populiste social-souverainiste a pu berné certains sur le Web 2.0Malheureusement il faut beaucoup plus de courage et d'énergie que cela en ayant un projet crédible face au gouvernement actuel!