Impéritie ou mascarade

Publié le par jps

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), présidé par Georges Fenech, découvre que le 12 mai 2009, dans le cadre d'une loi de simplification du droit, une discrète modification législative, intervenue sans débat, interdit désormais le juge de prononcer la dissolution d'une personne morale en matière d'escroquerie.

C’est scandaleux car cette disposition fut insérée en catimini et on notera que pas un député ne s’en est ému, soit parce que tous cautionnent cette nouvelle mesure (ce qui semble invraisemblable), soit par incompétence parce qu’ils n’ont pas fait leur travail de parlementaire prouvant ainsi ne pas s’intéresser au travail législatif. Qu’à fait l’opposition dont le rapporteur de cette loi fut le député UMP Jean-Luc Warsmann ? Rien ! Comme le dit ce dernier pour tenter de se disculper « «à aucun moment durant les dix mois du travail parlementaire, personne, ni au gouvernement ni à l'Assemblée nationale ou au Sénat, de la majorité ou de l'opposition, n'a émis d'objection».

 

Résultat : la branche française de l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity Center, jugée en tant que personne morale pour  escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie, ne pourra pas être dissoute. La Chancellerie déclare «Personne n'a mesuré les conséquences de cette modification». On peut s’interroger sur les réquisitions du parquet formulées le 15 juin dernier, consistant à réclamer la dissolution de la branche française de la scientologie, soit il méconnaît les lois ce qui est grave, soit c’est de la pure mascarade.

 

Le vote de cette disposition législative en plein procès sur certains agissements de la branche française de l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity Center est-il un pur hasard de calendrier" ? Comme il est écrit dans chrétienté info « On pourrait le croire. Mais certains auraient voulu préserver cette secte, ils ne s'en seraient pas pris autrement! ».

 

A la demande d’un nouveau texte de loi par la Miviludes, le cabinet de la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie et le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer ont annoncé qu'ils répondraient favorablement, dès que le calendrier parlementaire le permettra. Nous n’avons donc pas la garantie de cette nécessaire célérité. Ceci étant le mal est fait.

 

Il y a de quoi être dubitatif sur les véritables intentions de certains, surtout si l’on se remémore certains faits :

- Le 30 août 2004, Sarkozy, alors ministre des finances rencontre l'acteur américain Tom Criuse représentant et prosélyte de la Scientologie. Sarkozy se défend d’avoir abordé le sujet de la scientologie lors de cet entretien. Pourtant dans une conférence de presse donnée à Paris, l'acteur avait contredit Nicolas Sarkozy.

- Emmanuelle Mignon, ex-directrice de cabinet de Sarkozy, désormais conseiller auprès du président de la République, avait démenti dans un communiqué avoir prétendu que les sectes étaient un "non-problème" en France. Cependant "VSD"" s'était fendu d'un communiqué pour confirmer que ces déclarations ont bel et bien été prononcées par la collaboratrice de Nicolas Sarkozy

- Arnaud Palisson, qui était en charge des sectes aux RG, démontrait la dangerosité de cette secte dans sa thèse , publiée en 2002, de Droit pénal portant sur la Scientologie France, avec mention très honorable et félicitations du jury. Arnaud Palisson fut (alors que Sarkozy était ministre de l’intérieur finalement), " déchargé " du dossier des sectes, et remplacé.

- Dans le dernier chapitre du son livre "La République, les religions, la République, l'espérance". Nicolas Sarkozy invite à la reconnaissance des "nouveaux mouvements spirituels".

 

 

Nota bene : La scientologie, c’est CELA ou plus globalement ça (vu par les diverses juridictions). Vous y trouverez ICI la liste des membres par pays de la scientologie.

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