Le forfait santé

Publié le par jps

Le droit à la santé, l’égalité des personnes pour l’accès aux soins, est une nécessité pour tous. C’est même de l’intérêt  commun, y compris des plus aisés, car aucun lieu, aucune mesure, ne peut nous garantir d’être à l’abri de risques sanitaires, résultant de maladies transmissibles notamment en cas de pandémie.

Les déficits chroniques, de la branche assurance maladie, demandent de drastiques solutions, d’autant que la situation actuelle fait  apparaître des tensions budgétaires croissantes. Les mesures prises, jusqu’à présent, semblent inappropriées, insuffisantes ou peu efficaces. L’instauration du système de « médecin traitant » introduit en 2004, est parfaitement aberrante.

Les consultations médicales, entre 2002 et 2007, chez le médecin généraliste sont passées de 15 euros  à 21 euros et vont prochainement passer à 23 euros. Cela représente une augmentation de salaire brut de 53 %. Entre 1990 et 2004, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus vite que celui des salariés, ( Haut conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie – Hcaam). L’augmentation est encore plus forte pour les médecins hospitaliers.

Mon propos ne consiste pas à dire que "les médecins gagnent trop". Seulement, force est de constater que les efforts sont portés, presque exclusivement, sur les assurés. Comme l’a rappelé récemment le directeur de la CPAM de Nantes en annonçant sa démission, la droite a, en règle générale et plus encore depuis 2002, fait en sorte que les efforts de régulation se traduisent, par des hausses de cotisation pour les Français et des hausses de revenu pour les médecins, prioritairement les spécialistes…Ce n’est pas une carence de médecins qui a justifié une telle augmentation de revenu car en réalité, il n'y a jamais eu autant de médecins qu'aujourd'hui : 3,4 médecins par millier d'habitants en France en 2005. Si leur nombre va lentement baisser, en 2035, dans le scénario le plus vraisemblable, il y en aura encore 3,1. Or aujourd'hui, il y en a 2 au Japon [le pays où l'on vit le plus vieux au monde] (Jean de Kervasdoué est ancien directeur des hôpitaux, professeur au CNAM - LeMonde). Par contre, il y a bien une carence d’infirmière.

Malgré cela, la contribution des assurés semble insuffisante pour sarkozy. Il veut instaurer une franchise familiale de 40€ par an, dont seraient exonérés les malades chroniques, les actes liés à la maternité, les enfants et les personnes à ressources modestes (en pratique les CMU).  Nous savons pertinemment que ce montant n’est qu’un début eu égard au forfait hospitalier qui constitue un bon exemple de l’augmentation que nous pourrions en attendre, à l’avenir. Sarkozy veut responsabiliser financièrement le patient ! Alors même que la part du ticket modérateur est un des plus élevés d’ Europe).

La France a le record des prescriptions. N’est-ce pas là, le problème ? N’est-ce pas de la responsabilité des médecins ? Il n’est pas souhaitable de généraliser mais cette corporation devrait s’en préoccuper si ce n’est déjà fait. De même,  les Français sont plus souvent hospitalisés que la moyenne des habitants des pays riches : 251 hospitalisations pour 1 000 habitants en France en 2002. Sur un total de 3012 hôpitaux français, seuls 1008 sont des hôpitaux publics ; 868 sont des hôpitaux privés à but non lucratif (PNL), et 1136 des hôpitaux à but lucratif. Les hôpitaux privés à but lucratif n'existent que dans cinq pays d'Europe, et c'est en France qu'ils sont les plus nombreux.

 

 

Certains départements ne peuvent proposer aucune offre chirurgicale publique, elle est exclusivement privée et en honoraires libres. La France  investit peu dans ses hôpitaux publics qui se détériorent, malgré le plan "hôpital 2007". Il y a en France dix fois moins d’appareils d'imagerie par résonance magnétique nucléaire qu'au Japon […] le gouvernement actuel se glorifie de la maîtrise relative et heureuse des dépenses de santé en 2006 - elle dissimule des horreurs. En effet, l'essentiel de la réforme Douste-Blazy de 2004 a consisté à transférer 50 milliards d'euros aux générations futures. Et cela n'a pas suffi : la Cour des comptes estime avec bienveillance que le déficit cumulé de la Sécurité sociale en 2008 sera d'au moins 37 milliards d'euros. ), (Jean de Kervasdoué est ancien directeur des hôpitaux, professeur au CNAM – LeMonde)

Publié dans sarkosy et le social

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C
entièrement d'accord avec cette analyse, je vous invite à critiquer mes propositions là-dessus
http://doleances.over-blog.com/categorie-1200188.html
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F
Pauvre ou malade, il va falloir choisir !Il faut que je m'intéresse à ce directeur CPAM démissionnaire. C'est assez inhabituel et courageux !:-)
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