Dans quel Etat sont-ils ?

Publié le par jps

Chaque candidat revendique l’innovation afin de faire valoir sa différence et répondre à l’attente des français qui souhaitent une société plus humaine, plus solidaire sans pour autant revendiquer un Etat égalitaire mais plus équitable.  Le marché privilégie le court terme et se soucie peu des exigences collectives, de l’intérêt général qui au regard de la définition jurisprudentielle « n’est pas la somme des intérêts particuliers ». Il ne se préoccupe pas de la protection sociale, de l’environnement et de la sécurité si ce n’est pour des considérations personnelles.  C’est donc à l’Etat que revient ce rôle. Quel est la conception de l’Etat pour chacun des candidats ? 

Sarkozy milite en faveur d’un Etat limité aux fonctions régaliennes. Sarkozy second ministre d’Etat du gouvernement actuel qui a eu en charge le ministère  des finances, période pendant laquelle la croissance du PIB s’est effondrée et a stagné à + 0,1 %. (1), qu’attendre de lui, au travers de ses sempiternels, mensonges ? Sarkozy candidat sortant affirmant vouloir modifier la politique, avec les mêmes. Certainement une politique quasiment identique avec des mesures plus radicales, ce qui ne signifient pas plus efficaces. Sarkozy fait l’erreur de croire, en toutes circonstances, à la théorie d’Adam Smith estimant que l’intérêt individuel concourt à l’intérêt collectif. Ségolène est plus réaliste et estime qu’il appartient aux politiques de corriger les dégâts collatéraux.  Sarkozy est effectivement différent des autres candidats car il a une propension à une certaine personnalisation du pouvoir et entend, s’il est élu, mettre en oeuvre une politique atlantiste, communautariste et ultralibérale.

Même si Ségolène partage les préoccupations sécuritaires, elle est atypique dans sa démarche car le verbe  « participer » est appliqué dans de multiples domaines. Elle croit à l’intelligence collective et non à l’omniscience d’une élite.  Les caciques s’en trouvent bousculés et n’apprécient guère comme le jospiniste Eric Besson qui a  démissionné. Sa campagne participative sont les prémices d’une  démocratie participative qu’elle instaurera si les Français l’élisent à la plus haute responsabilité. Haute fonction qu’elle exercerait avec autorité et sérénité, sobriété et efficacité, écouter pour agir juste et rendre des comptes (samedi 7 octobre 2006).  Elle n’oppose pas l’entreprise aux salariés mais souhaite les réconcilier. L’Etat aurait pour fonction de donner du lien social (Fête de la Rose de Frangy en Bresse, 20 août 2006) afin que la France cesse d’être tirée vers le bas par je ne sais quel « descenseur » social » (Cambrin 30 avril 2006), pour aboutir à un progrès social pour tous dans le respect de chacun (discours de Melle 17 novembre 2006)

Reste Bayrou, Avec qui gouvernerait-il? Sur quelle ligne politique? En suscitant quel type d'alternative en cas d'échec? (Sarkozy parlant de Bayrou le 21 février sur RTL). Il est assez isolé, sans beaucoup d’appuis, et pour durer, il aura toujours besoin de l’UMP. S’il est élu, la fragilité des alliances qu’il pourrait éventuellement nouer le conduirait soit à être à la merci de minorité ou de s’appuyer, alternativement, suivant les dossiers du moment, sur l’un des deux grands partis. Ce serait un retour à l’instabilité de la  IVème république ou à une situation proche de celle que connaît actuellement Romano Prodi qui a été contraint de démissionner car on ne peut gouverner sans une majorité parlementaire. Bayrou n’est absolument pas l’homme neuf qu’il prétend, au regard des alliances que l’UDF a conclu dans les collectivités territoriales et considérant son adhésion à la Trilatérale. Bayrou s’est démarqué progressivement des positions du gouvernement De Villepin en radicalisant son positionnement à l’approche des élections présidentielles. Révélateur, n'est-ce pas.  Bayrou au goût de luxe ?  Ses frais de campagne présidentielle de 2002 pour l’habillement d’un montant de 42 566 euros, ont été jugés excessifs  (à la charge du contribuable)  (http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2002/2002092604.htm ). Bayrou défend t-il la laïcité ? Il s’est abstenu lors du vote de la loi visant à protéger les femmes du port du voile dans le milieu scolaire. Que va-t-il faire face à la problématique de plus en plus prégnante de  l’accès de la femme aux soins à l’hôpital qui est remis en question au nom de principes religieux extrémistes ? Difficile de définir Bayrou tant il est inconsistant, flou et dénué de toute ambition pour la France. Un fondement politique basé sur la négation d’un clivage droite gauche est léger pour construire un projet de société. Et quelle est sa conception de l’Etat ?

(1) Ce chiffre est 6 à 7 fois inférieur à celui que sarkozy avait trouvé en arrivant à Bercy (INSEE).

Publié dans presidentielles 2007

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T
merci pour les commentaires sur rue-affre<br /> les dates et circonstances des lapsus ça peut se retrouver en les tapant sur le net mais c'est une petite compil que je fais depuis quelques semaines et je ne les ai pas spécialement circonstanciées<br /> en tout cas elles existent je ne les ai pas inventées ça c'est sur
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