Ségolène : une icône iconoclaste

Publié le par jps

La droite, a monopolisé notre drapeau, nos valeurs, la nation. L’extrême droite, en métamorphose sémantique les ont traduites en  haine, xénophobie, et combat anti-européen. Ségolène veut que la gauche se réapproprie  le drapeau national et la notion d'identité nationale. Elle veut récupérer les lieux de mémoire confisqués par la droite.  «Il n'y a pas de sujets de droite et de sujets de gauche, juste des façons de droite et de gauche radicalement différentes de les poser et de les traiter, martèle sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen. Il ne faut se laisser piéger par cette fausse division du travail, dans laquelle la gauche s'est parfois laissée enfermer.» (libération.fr 26 mars 07) Il est normal qu’à la fin d’un meeting, d’une personne qui brigue la Présidence de la République Française, la Marseillaise, hymne national, soit chantée. Il est  utile que Ségolène rappelle l’attachement des socialistes aux valeurs et aux symboles qui rassemblent tous les Français, sans distinction d’origine ou de croyance. C’est pourquoi « quand on est à gauche », souligne Ségolène. « On peut aimer sa patrie (...) mais il ne faut pas confondre la Nation et le nationalisme ».

Il n’empêche que la frontière entre ces deux notions est très ténue. La vigilance s ‘impose car même à doses homéopathiques le patriotisme peut se révéler dangereux. Préconiser que « tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore. » me paraît  excessif, surtout à l’ère européenne ! Cependant on ne peut de ce fait assimiler Ségolène à sarkozy ou lepen. Je ne dénigre pas le fait que la Nation est une notion qui rassemble, qui protège, qui crée du lien et de la solidarité, qui nous permet d’avancer, ensemble, vers quelque chose de commun qui est partagé  ! Pour certains, la Marseillaise est même un élément de fierté, lors d’événements sportifs. Ce chant peut constituer le ciment, ce lien virtuel entre des gens, en fait isolés les uns des autres.   Bien sûr, Ségolène ne propose pas comme Rudy Salles, Député (UDF) des Alpes-Maritimes, d’instituer un nouveau délit d’"outrage au drapeau tricolore et à l’hymne national", punissable de 7 500 euros d’amendes et de six mois de prison "lorsqu’il est commis en réunion".

Consciente de ces dangers Ségolène veut être dans la bonne mesure, car en même temps elle veut notre nation ouverte, tolérante. Peut être en opposition  à une  France menacée de dénaturation par la mondialisation, la culture et le consumérisme américain ?  C’est ainsi que Ségolène donne du sens aux valeurs portées par l'esprit républicain.  Comment ne pas être d’accord, dès lors que cela ne concerne pas la sphère privée. Ce qui ne  me semble pas être le cas lorsqu’on affirme  que « tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore. ».  J’interprète cela comme étant un vœu et pour lequel je ne souscris pas.

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