Est-ce déjà le premier thuriféraire qui sort de sa léthargie hypnotique ?

Publié le par jps

Alain Finkelkraut, Philosophe rallié à Sarkozy commence t-il à se rendre compte qu’il s’est trompé, que ce personnage l’a trompé ? Il écrit dans le monde du 10 mai 07 sous le titre " L’Etat de disgrâce " : On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires. Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte.

Monsieur Finkelkraut, avant de soutenir un candidat ne faudrait-il pas préalablement s’enquérir sur la crédibilité de ladite personne ? Comme sarkozy, il est aisé de mentir, de ne pas respecter ses engagements ou de dire tout et même son contraire. Pourtant vous lui avez accordé confiance. Certains écrivent "  Il faut rompre avec l'idée stupide de croire que Finkielkraut est un intellectuel " (Jello dans Marianne.fr). Je ne dis pas que vous vous êtes déjugé (même si vous avez relativisé votre positionnement – Marianne 8 février 07) d’où l’interrogation dans le titre mais ce billet dans le monde quatre jours après l’élection démontre que vous vous êtes positionné avec une légèreté certaine, ce qui ne correspond pas à la définition de philosophe. Cette dénomination vous est-elle appropriée ?

L’instrumentalisation médiatique, celle de la manipulation des esprits et de la désinformation vous aurait-elle atteinte ? N’aviez-vous pas perçu que sarkozy jouait sur les émotions ou les malheurs des autres, ce qui a justifié la juste colère de Ségolène lors du débat de l’entre-deux tours (au sujet du handicap). Spinoza dans le Traité théologico-politique souligne "le lien profond entre le despote et le prêtre, ils ont besoin de la tristesse de leurs sujets. ". Le fait que le leader d’extrême droite autrichien Jörg Haider, qui considère que le nouveau président français s’inspire de son "modèle, ne vous interpelle pas ? Non, je sais, il ne faut pas diaboliser sarkozy, cela le sert paraît-il et c’est donc contre-productif. Peut être encore faut-il le prouver. La majorité silencieuse n’a-t-elle pas favorisé l’émergence du IIIème Reich ?

Monsieur Finkelkraut, notre système ne peut plus être qualifié, à ce jour, de démocratique La démocratie ne se limite pas au mode d’expression du peuple, si celui-ci n’a pas accès à l’ensemble des informations, sans aucune manipulation, afin qu’il puisse avoir une juste appréciation de la situation. L’information formatée nuit à la liberté d’expression et aux devoirs d’investigation des journalistes. L’ère de l’autocensure qui précède celle de la censure.

Le pire est la politique économique qui se profile à l’horizon, avec cette collusion médiatique-économique et politique. C’est la démission du politique face à la puissance financière. C’est à dire que les moyens démocratiques apparaissent comme étant désormais illusoires, en ce qui concerne le choix de société. Sarkozy n’est pas un despote, ou du moins pas encore, même s’il a muselé toute velléité au sein de l’UMP. La France, comme le monde, est plutôt sous la coupe de puissances financières. La colère gronde mais avant qu’elle présente un danger …..

Publié dans poly-tics

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