Au-delà de l'abnégation

Publié le par jps

Il est souvent plus confortable de donner des ordres que de les exécuter. Il est plus motivant de travailler dans un cadre agréable, chez soi ou dans un somptueux hôtel avec son téléphone portable, son ordinateur et parfois même des personnes qui s’occupent de toute l’intendance et logistique. Dans ces conditions, tout un chacun serait dans de bonnes conditions pour « travailler plus ».  Cependant cette réalité là est réservée à une élite.  Cette fracture sociale va être plus prégnante car sarkozy réinstaure une société de rentiers puisque le patrimoine des grandes fortunes sera défiscalisée d’où un certain blocage de l’ascenseur social.  Le paroxysme de la valeur travail du libéralisme est le « marche ou crève ».

Loin est le temps des patrons paternalistes, à l’instar des Boussac saint frère. La mondialisation conduit à la déshumanisation de l'entreprise. La définition d’objectif de plus en plus difficiles à réaliser ou les cadences infernales de moins en moins supportables pour une rentabilité accrue afin de rester compétitif. Ces fortes exigences quantitatives ou/et qualitatives constituent une pression énorme, menant parfois à une compétition interne de façon excessive. Le stress professionnel est une tendance en France qui semble s’accentuer. La France est le troisième pays au monde, dans lequel les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses, derrière l’Ukraine et les Etats-Unis.  D’après une enquête de 2000 (PAOLI P. ; MERLIE D), 28% des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress. Nonobstant les éventuelles humiliations ou brimades, le salarié travaille de plus en plus dans un climat anxiogène. Le travail serait directement à l'origine d'un suicide par jour en France, selon une étude du Conseil économique et social. La pression au travail, le stress insupportable qui en résulte est une cause de suicide

 

 

Une jeune femme, qui s'était suicidée début mars 2007 travaillant chez Sodexho avait laissé derrière elle un message indiquant : « Je ne suis pas assez forte, trop de pression travail ».  En trois ans, ce ne sont pas moins de quatre suicides qui ont eu lieu parmi les employés de la centrale nucléaire de Chinon, en Indre-et-Loire. EDF comparaissait, le 5 mars 2007, devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Tours pour le suicide, en août 2004, de Dominique Peutevynck un de ses techniciens. Troisième suicide en février 2007  au technocentre Renault de Guyancourt. Hélas, les exemples ne manquent pas.

 

Le 4 juin 2007, le Monde a relaté "Trois suicides chez PSA en mai" sous la rubrique…… économie ! C’est vrai que désormais l’homme_est_une_marchandise  comme une autre comme dit sarkozy. Subir ou se retrouver au chômage. Plutôt que le « Karoshi »  (terme japonais signifiant “mort par excès de travail.“ ") le Français s’auto-élimine (suicide, comme pour honorer une créance de sang). Sarkozy réfute les raisons liées au travail car, pour lui, le suicide est héréditaire (“Philosophie Magazine” daté d’avril 07). Ce phénomène, qui ne peut plus être ignoré, a fait l’objet d’une circulaire de la CNAM sur les traumatismes_psychologiques liés au travail.  La Loi de modernisation sociale de 2002 a accru la responsabilité de l'employeur dans la prévention de la santé non seulement physique mais également mentale des salariés de l'entreprise (article L.230-2-I) en leur conférant une obligation de résultat.

 

Reste que ces mesures sont insuffisantes. Il faut s'affranchir de ces réalités concurrentielles, sinon quel futur réservons-nous à nos enfants ? Il y a un juste milieu entre le "Management par le suicide" d’Hugues Nohope et le Droit à la Paresse de Paul Lafargue. Il faut réinventer une société de labeur, solidaire et humaine. L’économie doit être au service de l’homme et non  l’inverse.

Publié dans poly-tics

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