L’Etat Français, dans quel état ?

Publié le par jps

Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier". ( François Fillon, vendredi 21 septembre 2007 en Corse).

L’impéritie du gouvernement Fillon et de Sarkozy s’illustre par l’absence de bon sens économique. Malgré la situation financière de la France préoccupante (Compteur de la dette publique française ), ils ont décidé d’accorder, l’été dernier, en cadeaux fiscaux 15 milliards d'euros par an pendant la législature au profit de ceux qui avaient déjà beaucoup. Même Dominique De Villepin souligne cette inaptitude à gérer la France "on a dépensé beaucoup d'argent, plus de 15 milliards, qui ont aggravé la situation financière" et F.Bayrou s’en fait l’écho "Nous savons depuis longtemps quelle est la situation réelle des finances du pays, qui constitue en effet une très grave menace pour la France […] Ce trou de quelque 70 milliards supplémentaires, il va falloir le combler et, naturellement, on ne pourra le combler qu'en demandant des sacrifices à ceux qui avaient peu".

Sarkozy , comme à l’accoutumée, désigne des boucs-émissaires. Aujourd’hui c’est la Banque Centrale Européenne, (BCE) qui soutient une politique monétaire de l’Euro fort. Mais ceci permet aux Français de payer moins cher leur importation de gaz et de pétrole, ainsi que les produits dérivés. " Les effets de la hausse du pétrole sont partiellement compensés par l’appréciation de l’euro, puisque l’on achète nos matières premières en dollars ", souligne Nicolas Bouzou, économiste du cabinet Astérès. Cette matière première nous revient moins chère que les Etats-Unis par exemple et de ce fait cet avantage devrait se répercuter sur les prix…. Pourtant les prix ne baissent pas en France. De même, notre balance commerciale est déficitaire alors même que les exportations allemandes, traditionnel moteur de la croissance du pays, ont continué leur progression. Malgré l'euro fort, qui renchérit leur coût, les ventes à l'étranger. Nos industriels (privilgent-ils les stock-optionq ou parachutes d'oré ?) ne sont pas aussi compétents que nos voisins allemands. "Quand l'Allemagne devient plus compétitive dans la zone euro tandis que d'autres pays européens importants éprouvent de plus en plus de difficulté à tenir la distance, il y a vraiment lieu de se poser des questions", a jugé ministre des Finances allemand Peer Steinbrück. Lorsque sarkozy s’attaque à la Banque Centrale Européenne, Steinbrück réplique " Toute personne voulant pour l'Europe une politique monétaire qui fonctionne ne peut sérieusement remettre en question l'indépendance de la BCE et de l'eurosystème ". La France a été critiquée par ses partenaires Européens lors de la réunion de l'Eurogroupe regroupant les ministres des finances de la zone euro. La réunion de l'Eurogroupe à Porto (Portugal), vendredi 14 septembre, a été l'occasion de rappeler à l'ordre la France sur ses engagements budgétaires.

"  je suis à la tête d'un Etat qui est depuis quinze ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ça ne peut pas durer." ( François Fillon, vendredi 21 septembre 2007 en Corse). Quel aveu ! Qui a gouverné depuis 25 ans ? Sarkozy n’a-t-il pas été ministre du budget en 93/95 et ministre des finances en 2004/2005 ? Ceci etait prévisible.

Fillon tente de se rattraper en disant que ses propos n’étaient que pour imager afin que les Français comprennent mieux. Bien sûr les Français sont des veaux (clin d’œil à De Gaulle). Martine Billard, (des verts) ne voit "qu'une explication": "Le gouvernement s'apprête à demander encore plus de sacrifices aux Français", car, demain, il faudra que tous fassent des efforts, y compris les plus démunis. En fait, les riches ne seront guère embarrassés car cela constituera une infime part du cadeau fiscal qui leur a été accordé…. C’est cela le sarkozysme décomplexé !

Il n’est pas bon de prôner une orthodoxie budgétaire et financière car les conséquences sanitaires et sociales seraient désastreuses d’autant qu’il convient de relativiser comme nous y invite Jean-Jacques Chavigné : La droite, les libéraux tentent de donner de la dette publique française une image complètement fausse. Ils essaient d’insinuer dans l’opinion l’idée que cette dette ferait de la France un pays dépendant des pays qui détiendraient les titres de cette dette. Cette image est complètement fausse. La moitié de la dette publique française est détenue par des résidents français. L’autre moitié, détenue par des résidents étrangers, n’est que la contrepartie de l’internationalisation des dettes publiques. […] la baisse des impôts des riches qu’il a fallu compenser par des emprunts auprès de ceux là même dont on venait de baisser l’impôt. ". Inversement, il n’est pas de bonne gestion de ne rien faire car l’augmentation de la dette publique entraîne une augmentation de la charge de la dette, qui réduit les marges de manœuvres futures de la politique budgétaire.

Nicolas Sarkozy qui escomptait un " choc de confiance " dans le pays après son élection pour relancer l’économie. Il fait fausse route car sa cote de confiance commence à se déliter. Le mythe du self made man en prend un coût dans l’aile notamment par l’exonération des droits de succession qui facilite la transmission de richesse. Le plus important est que la fruit de la croissance, si croissance il y a, est mal réparti. Pendant que les entreprises engrangent des profits records, le poids relatif des salaires dans le PIB Français tend à fléchir. La classe moyenne se paupérise, alors que les ports de plaisance manquent de places . Les inégalités continuent à croître.

Charité bien ordonnée commence par soi même ! Souvenez Vous ! C’est au beau milieu de l’été, le 6 août 2002, que Jean-Pierre Raffarin a signé le décret portant le salaire mensuel des ministres de 7 800 € (environ 50 000 francs) à 13 300 € (près de 90 000 francs). Soit une hausse de 70%. (Thomas Piketty directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales). De même, une discrète mesure a été prise par arrêté du Bureau de l’Assemblée nationale (avant les élection), prévoyant que les députés qui ne seront pas réélus aux législatives du 17 juin 2007 pourront bénéficier pendant cinq ans - soit le temps d'une législature complète… - d’une indemnité dégressive, financée par une cotisation spécifique de 0,5% créée à cet effet et prélevée sur leurs émoluments. (à voir également http://www.lecri.fr/Deputes-juteux-mandats.html )

Sarkozy se prononce "char-kö-sy" en hongrois et signifie littéralement "dans la boue".( Il proviendrait de la ville hongroise de Sarköse, bâtie effectivement sur des marécages). Est ce dans un marasme économique que va nous mener sarkozy ?

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C
Merci encore pour vos analyses toujours aussi limpides et lucides.
La question qui me préoccupe actuellement : "Qui reste t il en face de l'actuel président ? Sarko n'a semble t il plus aucun parti de poids qui puisse le contrer....ce vide sidéral est sidérant ...étonnant ET inquiétant ! " Un pays sans opposition créative, constructive, vigilante et active ne présage rien de bon.
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D
Il y a des moments comme cela où les électeurs sont prêts à suivre le premier joueur de flûte venu. Tout était inscrit dans la dernière campagne électorale et personne ne peut être surpris.
La raison fera t elle son retour dans le paysage français ?
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