L’argent Roi (ou du Roi), l'ontologie de droite ou la droite décomplexée

Publié le par jps

Sous le gouvernement Raffarin, l’Assemblée nationale avait adopté lors du collectif budgétaire 2002, une augmentation considérable de la rémunération mensuelle des membres du gouvernement, passant cette année là de 7.809 euros bruts par mois à 13 300 euros bruts. François hollande disait déjà : " "Je ne suis pas sûr que ce soit le bon moment pour faire ce relèvement, notamment de la part d'un gouvernement qui n'a pas revalorisé comme il convenait le SMIC", et Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste "c’est surtout la méthode qui est contestable. ". A cette époque, le gouvernement avait également refusé un coup de pouce aux SMIC.

Pour info, voici les données 2005 qu’il convient d’actualiser Source : Assemblée nationale-Sénat-Rapport du député René Dosière/2005. Il convient de préciser que tous les frais du Président de la République sont pris en charge par le budget de l'Elysée.

Le Canard Enchaîné du 7 février 2007 avait révélé que les députés avaient voté en toute discrétion un système leur permettant de prolonger l’indemnité parlementaire. Pour ceux d’entre eux qui ne seraient pas réélus aux législatives du 17 juin 2007 l’indemnité dégressive (pour cette perte de fonction), a été portée de 6 mois à 5 ans. Les chômeurs aimeraient bénéficier de tels avantages. François Bayrou avait souligné que "C'est une faiblesse française que de vouloir perpétuellement faire des privilèges pour les uns et donner des leçons aux autres". En ce qui concerne le régime de retraite des députés CECI est très intéressant.

Comme l’indemnité des ministres a été augmentée, à présent passons à la seconde étape l’augmentation du Président de la République ! Le salaire du Président de la République passera au 1er janvier 2008 à 19 331 euros net par mois soit une augmentation de 140% environ. C’est l’argent de poche pour sarkozy car il est nourri, logé, blanchi, etc.. Il n’a aucune dépense courante car elles sont prises sur le budget de l’Elysée qui, comme par hasard, va tripler en 2008. Les raisons évoquées de cette augmentation exponentielle du budget de l’Elysée qui passera de 32,3 millions d'euros à 100,8 millions d'euros (qui avait déjà connu une "progression vertigineuse" depuis l'accession au pouvoir de Chirac [1]) sont la réintégration de 800 personnes jusqu'alors payés par les ministères et la volonté de transparence… dont acte ! Ceci étant, ceci aurait pu être fait sans augmentation de l’indemnité présidentielle

Sarkozy aime beaucoup l'argent et il le montre. Il en veut plus et tout de suite, sans attendre que la croissance revienne. Sans prouver l’efficacité des mesures prises jusqu’à présent. Alors il demande et ce sont les contribuables français qui vont payer. Pour justifier ces prétentions, certains avancent quelques arguties, comme Moreno qui fait une comparaison avec les sportifs ou artistes …très bien, justement on estime que ces gens là gagnent beaucoup trop ! D’autres comparaisons se font notamment avec les autres chefs d’état en prenant exemple sur Angela Merkel mais elle n’est pas chef d’Etat mais de gouvernement (elle occupe un poste de chancelier fédéral). On trouve anormal qu’un chef d’Etat ait des indemnités inférieures à un Premier Ministre. Je suis d’accord… mais cela se discute si le chef de l’Etat est plus dans la figuration que dans l’action. Ce qui n’est pas le cas avec sarkozy, je le concède. Mais alors quelle est l’utilité de Fillon ? La logique pourrait consister à supprimer ce poste mais cela pose d’autres problèmes constitutionnels ou pourquoi ne pas inverser la logique qui consisterait à ramener l’indemnité du Premier ministre à un niveau inférieur à celle du Président de la république et en cascade celle des ministres ? Ainsi ils montreraient l’exemple, d’autant qu’en septembre 07, en Corse, François Fillon estimait que la France était en situation de faillite. Christine Lagarde doit appréhender le moment où il faudra commenter les chiffres du déficit public pour 2007.

A minima, comme Jean Launay, député PS, Maire de Bretenoux, rapporteur de ce budget nous pouvons que convenir que "son opportunité n'est pas avérée dans un contexte de pouvoir d'achat difficile pour une majorité de Français". Les économies et les sacrifices ont été, sont et seront pour les autres. Pas de coût de pouce cette année pour le SMIC, aucune augmentation pour la fonction publique. Le coût de la vie augmente sans que les salaires suivent. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux. Les campings sont loués à l'année par ces derniers. Des millions de pauvres en France, et des personnes qui ne peuvent pas se loger. Les malades doivent supporter les franchises médicales Tout cela est insupportable. Alors même le pouvoir d’achat des Français stagne et parfois même baisse [moins 6% depuis l’an 2000 pour les fonctionnaires qui n’ont pas bénéficié d’avancement]. (Jean-Pierre Balligand, Députés PS maire de Vervins) on peut s’étonner qu "au moment où tous les Français se préoccupent de la vie chère et du pouvoir d'achat, la seule décision, c'est d'augmenter le président. On est à côté de la plaque ". C’est d’un cynisme absolu ! La droite est très éloignée des préoccupations de ses concitoyens. Aucune limite à l’indécence, à la gloutonnerie et … tout ceci, au frais du contribuable.

la république est la vache à lait et comme le déplore Arnaud Montebourg "la classe politique se sert elle-même "

 

1 - Entre 1995 et 2005, il est passé de 5,21 millions (hors fonds secrets, supprimés en 2002) à 26,14 millions (auxquels il faut ajouter la dotation compensatoire versée depuis la suppression des fonds secrets, à hauteur de 5,5 millions). Soit une hausse de 502%, contre +20% sous Valéry Giscard d'Estaing et +9% sous François Mitterrand (1981-95). [Mitterrand en 1981 3,03 millions € et en 1994 : 3,31 millions € on est passé avec Chirac en 2005 à 31,9 millions € soit presque 10 fois plus]

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