Oser l’économie sociale

Publié le par jps

Bien sûr que la faiblesse de la croissance n’est pas spécifique à notre pays. Les raisons sont plurielles : augmentation des denrées de base, augmentation du coût de l’énergie, creusement du déficit, éclatement de la bulle immobilière, etc …. Cependant, la France et l'Italie enregistrent de plus mauvais résultats que leurs voisins européens, selon la Commission Européenne. Il est trop facile d’accuser Jean-Claude Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui ne veut pas baisser le taux directeur favorisant ainsi un Euro fort. La solidité de notre monnaie nous permet de ressentir moins fort la flambée des coûts énergétiques comme le pétrole par exemple car cette matière première est payée en dollars. Nous retrouvons ses produits dérivés (essences, plastiques, bitume, huile, peintures, encres d’imprimerie, produits de beauté, vêtements, shampooings, etc. ... ) dans de multiples domaines. Ainsi nos produits manufacturés reviennent moins chers que ceux fabriqués aux Etats-Unis, par exemple.

 

L’ancien président Valéry Giscard d'Estaing estime également qu’  " une dévaluation se traduirait irrémédiablement par une hausse des prix en France - du fait du renchérissement du coût de nos importations - et au bout du compte, par une baisse du pouvoir d'achat des Français […] Une baisse de l'euro serait sans effet sur nos exportations vers les pays membres de l'Union européenne, dont l'Allemagne, qui est notre premier partenaire économique […] Elle (la baisse de l’Euro) aurait peu d'impact sur notre déficit commercial avec l'Asie. Les produits que nous y achetons sont ultra-compétitifs et bon marché : Ils le resteront, quelle que soit la valeur de notre monnaie […] le problème central de la France est le manque de compétitivité de son industrie […] le vrai remède, c'est l'investissement " (John Thys AFP/Archives ¦ L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, le 17 juillet 2007 à Bruxelles).

 

Accuser la BCE est malhonnête car cette décision nous préserve d’une flambée inflationniste. La raison est notre mauvaise politique économique. Il est révélateur que la France s’en sorte moins bien que son voisin allemand. Ce mois ci, la production industrielle a enregistré son plus fort recul depuis juillet 2006, avec –1,1%.

 

Notre politique économique n’est pas à la hauteur des enjeux. En fait, il eut été préférable de relancer la consommation (par exemple en augmentant le pouvoir d’achat) et d’aider les PME et PMI à investir dans l’innovation donc la recherche, d’autant qu’ils sont potentiellement les plus importants créateurs d’emplois, au lieu d’aider les particuliers, les plus riches. Ces derniers ne consomment pas plus car ils n’ont pas de besoins, alors ils thésaurisent notamment en participant à l’augmentation de la bulle immobilière. La consommation et l’investissement sont des piliers de la croissance. Or ni l’un ni l’autre n’est soutenu dans la politique économique de sarkosy/lagarde. Résultat : Le déficit public pour 2007, selon certaines notes internes à Bercy, se chiffreraient à 3,1 %. C’est à dire au-delà des limites du Pacte de Stabilité et de croissance, et au-delà des résultats des autres pays membres de la zone euro.

 

Nicolas Sarkozy, avec Christine Lagarde, (Lagarde proche de Dick Cheney ) Ministre de l’économie, des finances et de l’emploi, veulent redonner toute sa place à << la valeur argent >>, pas à la valeur travail et encore moins à la valeur " Humaine ". Cadeaux fiscaux à hauteur de 15 milliards d'euros par an pendant la législature pour les plus aisés, bouclier fiscal concernant 2398 contribuables. Le gouvernement leur a restitué la somme de 120 millions d’euros, l’équivalent de 100 000 SMIC de remise fiscale ! Il y avait urgence, alors que pour les 7 millions de pauvres Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement Fillon, déclare, le 5 novembre 07 sur itélé, qu’il veut prendre son temps pour les mesures concernant le Revenu de Solidarité Active "son RSA" et les sans logis

 

Dans la loi de Finances pour 2008, une nouvelle proposition des députés, qui suggèrent de réduire l'ISF des patrons investissant dans leur propre entreprise par un amendement de l'UMPiste Lionel Tardy adopté le 18 octobre 07 par l 'Assemblée nationale. Cette mesure améliore substantiellement la réduction d'ISF votée cet été mais elle n’aura qu’au mieux un effet d’aubaine car je vois mal un patron préférer investir dans une autre entreprise que la sienne. De plus il n’est pas certains que ceci ait un impact significatif au regard des profits que peuvent engendrer certains investissement comparativement à cette moindre taxation. Les députés ont également voté un amendement plafonnant les avantages fiscaux accordés aux entreprises qui versent des "parachutes dorés " à leurs dirigeants. Ceux-ci ne seront plus déductibles des bénéfices imposables de l'entreprise s'ils dépassent 1 million d'euros. C’est habile et utile pour la communication. D’une main il est donné aux chefs d’entreprise un énorme avantage et de l’autre on prend une mesurette, pour pouvoir, ensuite, se targuer politiquement de s’en prendre aux riches. On occulte la publicité de la première disposition et on affiche avec retentissement la seconde telle sera la communication de la majorité présidentielle.

 

Le taux moyen d’imposition des américains les plus fortunés avoisine 15%, alors que celui de leurs salariés et de leurs assistants, nettement moins incités ceux-là, est près du double.( Warren Buffett), est-ce modèle que veut calquer sarkozy ? L'argent en France ne sert plus à créer de la valeur, il sert à capitaliser. La richesse a toujours été attirée par les gens qui prennent des risques avec l’argent des autres, [ exemple ] mais tout spécialement lorsque les impôts sont bas. Les riches sont différents - mais ils ne sont pas nécessairement les modèles pour la société (Par Bill Gross, directeur du management PIMCO Bonds, août 2007). Cela sarkozy ne l’a pas compris mais rien d’étonnant car il est prouvé que sarkozy est un piètre économiste (voir sous la rubrique catégorie). Quand je cours, je ne pense pas....Alors je cours !

 

 

La France gardera son rang de championne d’Europe des stock-options  (les stock-options qui ont contribuent au gonflement des bulles boursières). Pire, aujourd’hui, la tendance est à la distribution d’actions gratuites (AGA) plutôt que de stock-options. Les plus-values générées par les stock-options se montent en millions, voire en dizaines de millions d'euros, contre un risque nul. En fait, plusieurs mesures favorables au régime fiscal actuel des stock-options ont été prises par Dominique Strauss Kahn !. Il est envisagé de taxer désormais les stock-options, mais à dose homéopathique. La contribution patronale serait de 2,5 % et salariale de 2,5 % sur la plus-value dégagée par le bénéficiaire lors de la levée de l’option. Cela permettra d’engranger tout au plus 250 à 400 millions d’euros aux régimes de base de l’assurance-maladie. Alors que Philippe Séguin escomptait 3 milliards d’euros. Au moment du débat sur le TEPA (travail emploi pouvoir d’achat), le 26 juillet, le PS avait déposé un amendement taxant les gains des stock-options pour alimenter le fonds de réserve pour les retraites et à cet époque cet amendement avait été rejeté, par la voix de Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, qui avait alors considéré le relèvement de l’imposition comme "pas acceptable"… soit elle prend des dispositions inadaptées, soit elle se contredit ou soit elle n’a plus d’idée et dit n’importe quoi  - sa solution miraculeuse à la montée récente du prix du pétrole : il suffit de rouler en vélo ! Pédalo pour les pécheurs, pourquoi Sarkozy ne l’a pas proposé ?

 

La productivité est la clé de la prospérité. Lorsque les entreprises réussissent, celles-ci s'accroissent, fatalement, d'autres, les moins productives, meurent. Pour les libéraux c’est pour cela qu'il n'y a jamais lieu d'aider une entreprise peu productive, de la sauver. Or, sarkozy propose d’aider les pêcheurs en les exonérant des charges ; alors même que le régime des retraites n’est pas équilibré, que le budget de la sécurité sociale est toujours déficitaire et que cela nuit à la libre concurrence vis à vis de nos partenaires européens. En plus, ce procédé pourrait créer un précédent pour d’autres corporations. En effet, pourquoi ne pas faire de même avec les routiers, taxis, etc … et qui supportera cette aide ? Tour le monde car avec sarkozy les dettes sont publiques et les profits sont privés . Autre exemple, selon la Cour des Comptes, les prêts bonifiés aux agriculteurs, qui leur sont accordés à un taux normalement inférieur à celui du marché, grâce à une aide de l'État, ne se justifient plus et sont coûteux pour les finances publiques. Il y a peu de chance que Francis Kramarz, Chercheur au Crest, professeur chargé de cours à l’Ecole Polytechnique, soit entendu lorsqu’il conseille qu’il vaudrait mieux investir massivement dans l'éducation des laissés pour compte de la course aux grandes écoles menée depuis le plus jeune âge au détriment du plus grand nombre (comme l'ont compris la Hollande, ou la Finlande par exemple)

 

Gageons qu’après les municipales, des mesures d’austérité, concernant l’ensemble des français, seront promulguées. Avec les cadeaux fiscaux déjà reçus les riches pourront aisément y faire face, par contre il en sera autrement des classes moyennes qui se paupériseront et les pauvres… qui n’auront plus que leurs yeux pour pleurer…(qui s’en préoccupera ? car notre société se construit sur l’individualisme). L'économie n'a plus d'autre visée qu'elle-même si bien que l'humain, qu’il dénomme le capital humain en est devenu un sous-produit, un objet d'exploitation comme un autre. Le modèle dominant est de satisfaire "l’abominable vénalité " des grands groupes, ce qui prévaut sur toute autre considération. L’homme est une marchandise pour sarkozy .. Pourtant, une vie humaine a plus de prix que n’importe quel bien ! Il faut mettre l'humain au centre de l'économie, et non l'inverse. osez l’économie sociale !

 

 

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S
Attention propagande:photos de la manif de rouen surkprodukt, blog actif et militant...Fin de la propagande...Pas de matraquage en vue...Sinon, pour moi c'est ce qui différencie la gauche de la droite:l'économie au service de l'humainoul'humain au service de l'économieFais ton choix KamaRade!!big upskalpa
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