Pouvoir d’achat : décevantes propositions

Publié le par jps

Bien sur que sans gains de productivité, il ne peut pas y avoir de gains de pouvoir d’achat "durables". C’est une condition nécessaire mais insuffisante pour accroître le pouvoir d’achat car une équitable redistribution doit aller de paire. Outre que l’impôt sert à produire des biens collectifs, il a une fonction redistributive. Or en France, cette perception est utilisée par et pour les privilégiés au lieu de permettre de compenser les inégalités inéquités sociales. Or actuellement la tendance est à la baisse contributive au détriment du bon fonctionnement des services collectifs, justice, hôpitaux, enseignement, etc … et ayant également pour conséquence, par son caractère inéquitable, d’accroître la fracture sociale.

Les moyens tant humains que matériels des organismes de contrôle s’amenuiseront et favoriseront de facto la fraude : irrespect des règles de sécurité, y compris sanitaire, blanchiment d’argent, continuité de la corruption, etc… Par ailleurs, il est bon de rappeler pour certains que la comparaison des taux de prélèvements obligatoires entre les Etats unis et la France qui est respectivement de 27% et 44% en France n’a aucun sens, si on ne garde pas à l'esprit que le financement public d'un grand nombre de services y est beaucoup moins important et que le secteur privé n’est pas toujours le plus performant. (trois semaines de crise d’approvisionnement d’électricité en Californie en janvier février 2001, vétusté des chemins de fer anglais ou soins hospitaliers trop onéreux en Irlande). C’est ce modèle que sarkozy veut imposer en France ?

Prodigalité pour lui-même et ses amis (15 milliards d’Euros de cadeaux fiscaux pour eux par an). Sarkozy a son indemnité (pour argent de poche) de Président presque triplé (+170 %) soit 19 331 euros net au 1er janvier 2008, a eu un salaire de Ministre au-delà de ce que la loi le permet (Canard enchaîné du 12 décembre 07), qui, en plus, a son budget de l’Elysée triplé ! Initialement fixé à 32,3 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2008, les députés l’ont passé un peu plus de 100 millions d’euros. Qu’un président de la République soit correctement rémunéré me semble normal en considération de ses responsabilités (quoique ? ….Il bénéficie de l’immunité). En fait, et nonobstant l’énorme cadeau fiscal accordé aux privilégiés (ces avantages, énormes, sont décidés sans une once de contrepartie), c’est pour le moins moralement et économiquement indéfendable car concomitamment il taxe les malades par une franchise médicale, il étudie même la possibilité d’instaurer un bouclier sanitaire consistant à ne plus prendre en charge à 100% les grands malades ou grands invalides, il impose aux retraités aux revenues très modestes de payer désormais la redevance TV, etc… C’est la "rupture".

Sarkozy est le Mr Jourdain de Molière croyant faire de l’économie. Pour lui, le plus sûr moyen d'augmenter le pouvoir d'achat est de réduire les impôts, notamment sur le revenu. Adam Smith qui prône l'économie libérale préconisait, aussi paradoxalement que cela puisse paraître comme Montesquieu dans " L’esprit des Lois ", la progressivité de l’impôt. Ils étaient favorables à une économie privilégiant l’impôt sur le revenu plutôt que la TVA.Sarkozy fait l’inverse. Sarkozy refuse d’augmenter les salaires, alors qu’Henry Ford, riche industriel américain disait : " Je paie mes ouvriers pour qu’ils m’achètent mes voitures. " Sarkozy a-t-il réellement une politique économique ?

Nous assistons à une généralisation (sauf pour quelques privilégiés) de la précarisation. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux. La classe moyenne et les personnes en situation de précarité ne peuvent supporter la hausse des prix. Christine Lagarde, a reconnu lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur les mesures en faveur du pouvoir d'achat que " L'inflation est à la hausse ". Les mesures sarkoziennes proposées et visant à favoriser le pouvoir d’achat sont inopérantes, contre productives ou, au mieux, peut être qualifiées de mesurettes.

Abolition de la caution demandée aux locataires. L’effet recherché risque d’être inverse, car les propriétaires vont certainement augmenter les loyers pour compenser le risque accru d’impayés. Ce qui serait plus préjudiciable encore pour les jeunes car ils sont moins bien payés que leurs aînés. Pour être quelque peu efficace, ce dispositif aurait du s’accompagner de dispositions facilitant l'expulsion en cas de loyer impayé et d’un accroissement conséquent de logements sociaux.

L’indexation des loyers sur les prix à la consommation mais l'Indice de Référence des Loyers (IRL) est déjà composé à 60 % de l'indice des prix à la consommation, (le reste à 20 % de l'indice du coût de la construction (ICC) et à 20 % de l'indice des prix des travaux d'entretien et d'amélioration du logement). L’effet sera donc mineur.

Possibilité de racheter les jours de RTT. Cette monétisation n’est rien d’autre que de tenter de supprimer les 35 heures et tout le monde ne bénéficie pas de RTT notamment les enseignants les chômeurs, les étudiants, les retraités et tous les salariés qui ne sont pas à 35 heures ou qui tout bêtement n'ont pas de RTT. Par ailleurs l’effet Hotelling est garanti car il sera difficile pour une entreprise de rester aux 35 heures si toutes ses concurrentes sont aux 39 heures.

Travailler plus ? sarkozy méconnaît la déperdition de productivité des salariés lorsqu’ils travaillent trop longtemps. Là encore l’effet sera inverse à savoir une baisse de la productivité car avec le temps le salarié est de moins en moins performant. Plus efficace en début journée qu’à la fin : gestes moins rapides, hésitants, ou inadéquates.

Sarkozy, a vendu des actifs de l'Etat, oubliant ainsi le principe qu'avait introduit le gouvernement précédent depuis 2005 et qui avait été promis par le gouvernement actuel consistant à affecter tous produits de cession d'actif public à la réduction de la dette.

La terrible déception risque de se transformer en haine.....et quand on haine on ne compte pas.

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deslilas 16/12/2007 12:16

Si le Président actuel a beaucoup de points commun savec M. Jourdain, ostentation et ridicule, le personnage de Molière avait réussi grâce à son travail et il connaissait le monde de l'entreprise ce qui est loin d'être le cas de Sarkozy comme vous le signalez avec nombre d'arguments sur ses "propositions" pour améliorer le pouvoir d'achat. 
Le seul rapprochement avec l'Entreprise concerne l'agitation fébrile et faussement pragmatique qui a sévi dans les Entreprises françaises dans les années 90.