les raisons d'un constat

Publié le par jps

Un constat amer

De 2001 à 2009, les dépenses de santé des français ont augmenté de 40 à 50% en moyenne. Ce taux tient compte des cotisations versées à une complémentaire santé et ce qui est payé aprés rembousement. (Etude de la société Jalma, cabinet de conseil spécialisé en protection sociale).

Les plus de 65 ans sont les plus touchés car pour eux cela représente 11% de leur budget. Les jeunes (25ans) ne sont pas épargnés car cette hausse est de 68 % pour cette catégorie d’âge. Pour un couple de personnes de 55 ans, assurées à titre individuel, le coût a augmenté de 62% (et représente 7,12% du revenu disponible en moyenne). Ces dépenses de santé sont plus élevées pour les personnes ayant un contrat de complémentaire santé individuel que pour celles couvertes dans le cadre d’un contrat collectif via l’employeur.

Les raisons sont multiples

Les raisons sont la multiplication des déremboursements, les hausses des forfaits, la franchise médicale et les hausses des honoraires médicaux, y compris la généralisation des dépassements d’honoraires, alors que le revenu des Français n’a quasiment pas augmenté. Il ne faut pas s’attendre à une inversion de tendance, car les organismes de complémentaire santé envisagent d’augmenter leurs tarifs de 4 à 7% en 2010.
 


Plus précisément

- Dans un rapport d’avril 2007, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) soulignait que les dépassements d’honoraires avaient augmenté "de plus de 40 % en dix ans en valeur réelle", au point de devenir un "obstacle à l’accès aux soins".


- Les consultations médicales, entre 2002 et 2007, chez le médecin généraliste sont passées de 15 euros à 22 euros. Cela représente une augmentation de salaire brut de 46,67 %.

Qui peut faire état d’une telle augmentation de salaire  ?

Entre 1990 et 2004, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus vite que celui des salariés, ( Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie – Hcaam).


- Une des raisons est aussi l’irrationalité des prescriptions des médecins qui est due aux démarchages des visiteurs médicaux pratiques déjà dénoncées dans la revue "que prescrire"

- Par ailleurs, l’UFC-Que choisir (septembre 2007) avait estimé que le Plavix (clopidogrel) faisait l’objet d’une surprescription en France (+88% de 2002 à 2006), qui engendre "un gâchis important". Ainsi, "sur la période 2002-2006, c’est 350 millions d’euros de dépenses qui ne peuvent pas être justifiées. Soit 70 millions d’euros par an", alors que si, à la place, l’aspirine Protect, 27 fois moins chère, avait été prescrite cette année-là, 89 millions d’euros auraient été économisés.


- Entre autres raisons n’y a t-il pas aussi le fait que la France compte de trop nombreux hôpitaux privés à but lucratif. En 2006 (excusez moi je ne retrouve plus la source de ces chiffres), sur un total de 3012 hôpitaux français, seuls 1008 étaient des hôpitaux publics ; 868 étaient des hôpitaux privés à but non lucratif (PNL), et 1136 des hôpitaux à but lucratif.


- Bien sûr, certains assurés contribuent, également, à accroître ce déficit par des arrêts de complaisance ou de la médication à outrance, mais là encore le médecin n’est pas exempt de toute responsabilité.


A l’avenir
Les associations et les collectifs d’usagers, notamment Collectif interassociatif sur la santé, dénoncent la disparition progressive de l’assurance maladie solidaire qui à terme pourrait ne plus rembourser que 50% des dépenses de santé. La solution serait, alors, les assurances privées que de nombreux français ne pourront s’offrir.


Déjà en 2006, 7 % des Français déclaraient ne pas avoir de couverture maladie complémentaire et 14 % des Français disaient avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois, [ enquête de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes)]. Nous sommes bien loin des promesses de Sarkozy pendant sa campagne électorale lorsqu’il promettait de mieux prendre en charge les frais dentaires ou de lunettes.


Le principe de la sécurité sociale était "on cotise selon ses capacités et on se soigne selon ses besoins ". Très bientôt " on se soignera selon ses capacités "


 

 Nota bene: Nora Berra, secrétaire d’Etat en charge des Ainés a été en maladie du 23 mai au 6 novembre 2008 lorsqu’elle était chez Sanofi-pasteur. Il n’y a rien de condamnable sauf que pendant ces 5 mois et demi, elle continuait à assurer ses mandats d’élus en participant notamment à des conseils municipaux. Ce faisant elle percevait ses indemnités d’élus et de la sécurité sociale. Bel exemple ! Qu’en pense Frédéric Lefebvre qui voulait instaurer le travail pendant les congés maladies ?

Publié dans sarkosy et le social

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